mercredi 18 janvier 2012

Les Petits pas # 4

Une histoire de Shä un peu différente, sur l'amour, les arbres et le temps qui passe. Certains trouveront certainement ça un peu cucul mais Shä est un éternel romantique...

Tic-tac, tic-tac...


 *

À la première seconde, deux graines.

* *

Dès la première minute,
une main les plante dans la terre noire.

* * *

À la première heure,
un peu d’engrais avec de l’eau :
il est temps de les arroser.

* * * *

Au premier jour,
le soleil les nourrit de ses rayons.
L’air se réchauffe,
la rosée est douce.

* * * * *

La semaine s’achève,
C’est la naissance de deux pousses.
Elles s’exposent timidement.
L’une est jaune poussin,
la seconde est verte comme une reinette.

* * * * * *

Au premier mois,
une feuille jaillit de la pousse jaune.
Sous l’effet du vent,
elle caresse doucement la pousse verte.
Premiers émois :
c’est le Printemps.

* * * * * * *

Un an s’est écoulé.
Les pousses sont maintenant deux arbres.
Bien que différents,
ils grandissent ensemble.
Le plus grand est très protecteur :
il déploie ses feuilles sur son amie,
créant un abri du soleil et de la pluie.

* * * * * * * *

Première décennie.
Chaque arbre est désormais adulte.
Eux qui ne se sont jamais quittés,
vivent aujourd’hui un jour très triste.
Des mains déracinent l’arbre jaune,
pour l’expédier dans un pays lointain.
De l’autre côté du monde,
On enracine le déraciné.

* * * * * * * * *

Premier siècle.
Depuis son arrivée voilà près de 90 ans,
L’arbre jaune n’a qu’une idée en tête :
retrouver sa complice.
De l’autre côté de la terre,
il sait qu’elle souhaite la même chose.
Avec ces milliers de kilomètres,
l’obstacle est de taille,
mais en secret les arbres travaillent…

* * * * * * * * * *

Au premier millénaire,
le monde a changé !
Les frontières ont bougé,
Les découvertes et les constructions ;
les guerres et les famines,
ont rythmé la destinée des hommes.
Pendant ces nombreuses années,
avec patience et entêtement,
les arbres ont étendu leurs racines.
Du temps écoulé émerge la magie.

* * * * * * * * * * *

Une vie d’arbre,
Plusieurs vies d’hommes,
et vient la joie des retrouvailles.
Deux amis séparés,
deux obstinés inlassables,
et enfin leur réunion.
De part en part,
la terre est traversée par deux racines.
Deux racines qui loin des regards,
cachées dans les profondeurs,
ne font désormais plus qu’une.



4 commentaires:

  1. Le dessin me fait penser aux 3 baobabs du Petit Prince, joli joli !

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  2. c'est beau! j'en ai la larme à l’œil.

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  3. Manon : merci pour Anne :)
    Anonyme : c'est dur de déceler l'ironie via le net donc si c'est un vrai compliment : merci beaucoup.

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  4. Avec Jiji, on l'a relu ensemble, aujourd'hui, en silence et observé un moment le dessin... Et je ne sais pourquoi, une phrase d'Alessandro Baricco que j'aime beaucoup m'est revenue en mémoire : "L'eau glissant vers l'eau, délicate caresse d'amour, les anses du fleuve comme une berceuse de l'âme. Un voyage imperceptible."
    Parce-que c'est tout simplement magnifique ce que vous nous faites partager.

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