mercredi 21 décembre 2011

Les Petits pas # 3

« L’usine, c’est l’endroit de survie par excellence. On y meurt lentement ou violemment… mais on y meurt. »

Comme tout le monde, Shä a aussi ses propres coups de coeur et Putain d'usine, un roman de Jean-Pierre Levaray magistralement adapté ensuite en bande dessinée par Efix, n'est pas le dernier. Le récit d'un ouvrier en pleine ère de désindustrialisation ; de son désenchantement et de son pénible labeur.
À sa façon à lui, Shä rend un hommage à cet ouvrage brut et vital en imaginant l'ouvrier ouvrir la porte de sa cage pour un nouvel envol. Cöt cöt cöt.


Poule d’eau

Il pleut sur ma mouille.
8H00, retard façon lapin d’Alice. Les voyageurs montent enfin dans le tramway, trempés comme une mouillette et serrés comme des œufs.
Secrétaires qui caquettent, collégiens qui gloussent ; un jeune bellâtre fait le coq pour séduire sa basse-cour… Scène quotidienne de mon tram poulailler.
Ce matin-là je couve un début de grippe et je suis las, très las. Si je m’écoutais, je plaquerais ce job à l’usine mais pour ça il faut du courage, or la perspective de me retrouver plumé sur la paille m’amène à me conduire comme une poule mouillée. Les temps sont durs et ça je ne l’oublie pas. Il y a un loyer à payer, mes p’tits poussins à élever… Pas encore totalement fêlé le crâne d’œuf… Putain de vie, putain d’usine.
Lorsque je descends à mon arrêt, la rêverie laisse brusquement la place à la stupeur. Les portes de l’entrepôt sont closes et les collègues vitupèrent devant le bâtiment. Le patron a profité du week-end pour fermer son usine… Délocalisation sauvage apprendra t-on. Plus une seule machine dans les locaux, nous voici les dindons de la farce. Chômage technique et fin brutale de carrière ! Au milieu des cris et de la cohue, la graine de lucidité germe pourtant en moi : j’en ai la chair de poule mais le voici peut-être ce nouveau départ ! Une nouvelle aurore, mon chant du coq.

 
© Petit à petit, Efix & Levaray 

Et puis hop au passage, la boutique Neko a été mise à jour, victime de son succès. Courrez-y acheter une jolie babiole pour crâner au bureau en affichant votre expression du bon goût sur vos murs :)


2 commentaires:

  1. J'aime bien les petites histoires de Shä, elles sont jolies, poétiques, et légères!


    Et pour cette histoire de pain d'épices: malheureux! moi non plus je n'aime pas ça. Disons que là, c'est plutôt du "biscuit d'épice" sans le "s", puisque la seule épice, c'est...de la cannelle. Mariée à du miel, et à du cacao. Et c'est teeerriblement bon! (et ça sent Noël, aussi)

    (finalement, ce biscuit n'a de commun avec le "pain d'épices" qu'on tranche que le nom, heureusement!)
    Un bisou à vous deux!

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  2. Oh, mais voilà qui devient plus intéressant parce que cannelle et miel = miam !
    C'est trop chouette les pâtisseries de Noël. Dès samedi avec Anne on va pouvoir s'en donner à cœur joie parce que là on est toujours pas en vacances... Je suis tiramisu boy samedi et Anne est shortbread girl !
    Des bisous à vous deux aussi et merci pour les jolis mots sur les écrits de Shä : il a rougi !

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